intervention de Joseph MOUTON
à propos de LACAN et de la question de la compréhension
salle du pôle numérique
Des noms du père Jacques LACAN (Texte établi par Jacques-Alain MILLER), Seuil, collection Comment faire pour enseigner ce qui ne peut s'enseigner ?, 2005
L'idée du Double Bind est liée à l'enseignement de l'art et à l'art en général puisque l'on peut considérer qu'il s'agit d'un univers à intelligibilité variable.
A propos de compréhension et de niveaux de compréhension, prenons l'exemple de l'échelle militaire : une parfaite compréhension correspond au 5/5.
A partir de là il est possible d'évaluer la compréhension des cours de Joseph MOUTON par les étudiants comme variant de 2 à 3/5 et celle de l'environnement artistique par ses protagonistes, de 1 à 2/5.
Plutôt que d'une compréhension absolue il s'agit bien souvent d'un repérage qui nous maintient dans une semi-compréhension. La perte du régime de compréhension totale (5/5) est grave, pour des questions de précisions de réflexion et du point de vue anthropologique.
Théorie des bulles ( Peter SLOTERDIJK Sphères I – Bulles, Sphères II - Globes, macrosphérologie, Sphères III - Ecumes, Sphérologie plurielle) :
La société serait faite d'écume. Vue à la loupe cette écume est un ensemble de bulles liées par un gel / une glu. C'est à l'image de la société qui fonctionnerait avec des petits cercles de références communes partagées, selon un accord tacite. Une bulle est donc un tissu de compréhension. Il y a une glu médiatique qui lie ces bulles et c'est le travail de certains de maintenir ce lien qui devient le référentiel commun (donné par la télé notamment). Le pouvoir médiatique consiste à rendre un thème commun à toutes les bulles qui permet une domination sur d'éventuelles prises de position.
Eric DUYCKAERTS et Joseph MOUTON font partie des générations post mai 68
Sur le plan théorique, cette période correspond à une confrontation avec les structuralistes (LEVI-STRAUSS, pour FOUCAULT : épistémé antique : il faut faire partie de quelque chose pour le connaître / epistémé moderne : on ne connait que dans la différence = on ne connait que ce dont on n'est pas > BARTHES, LACAN, DELEUZE, GUATTARI, DERRIDA)
L'enseignement de DELEUZE est à la fois un continuum et un bouleversement par rapport au structuralisme.
LACAN, à partir de FREUD, se pose la question de la transmission de la psychanalyse
La formation du psychanalyste : une analyse + une analyse de contrôle mais aucune question de savoir théorique spécifique
Biographie de LACAN par Elisabeth ROUDINESCO :
Lors d'un exposé LACAN est accusé par son psychanalyste de contrôle de lui avoir volé ses idées mais LACAN note l'énervement de son maître et retourne ainsi la situation à son avantage.
Travail de re-compréhension des textes de FREUD + boulimie de culture. Il s'intéresse à SAUSSURE et LEVI-STRAUSS. SAUSSURE propose une phonologie différentielle. Ce qui compte n'est pas le son du phonème mais sa position dans la structure en lien avec les autres phonèmes.
LACAN propose de structuraliser le freudisme. La pensée freudienne amène au structuralisme = il s'agit de mathématiser la psychanalyse.
Des noms du père extraits d'exposés de LACAN – échange avec Françoise DOLTO : « Tu es un maître si extraordinaire que l'on peut te suivre même si l'on ne te comprend qu'après. »
La question de la compréhension /de l'entendement :
la conception classique :
concept = notion •
jugement = liaison •--•
raisonnement = liaison entre 3 jugements
•--•
•--•
•--•
Pour comprendre des concepts trop abstraits nous en faisons une image mentale.
Comprendre = imager
par ex. pour comprendre « auto prédicable » peut apparaître l'image d'une boucle.
L'imaginaire SARTRE
Est developpée l'idée que l'imagination sert à la compréhension mais peut être trompeuse.
LACAN n'utilise jamais de concept, c'est une abstraction mais pas entièrement conceptualisée.
Il travaille sur les bords de la conceptualisation parce-qu'il travaille sur l'inconscient. A la différence de BOILEAU : « ce qui se conçoit bien s'énonce clairement ».
LACAN n'est jamais compréhensible 5/5, en raison du principe de « mi-dire »
ex. d'un logion : « la vérité, elle ne se dit pas toute. »
Le « mi-dire » dit une partie des choses mais laisse une partie non-dite. La psychanalyse doit justement être attentive à cette partie.
(Apprendre et comprendre – hommage à Eric DUYCKAERTS
= art de jouer du va-et-vient entre les Z
cf. série des vidéos Magistères
moyen d'établir une relation avec lui
principe selon lequel « ce qu'il y a à comprendre n'est pas ce que l'on a appris ».)
compte-rendu par Céline Chazalviel
28 avr. 2009
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